C est la Fin

Drôle de film que ce "C'est la Fin", avec son allure de "private joke" un peu pointue entre potes (Rogen, Franco, Baruchel, Hill, etc.), et qui mélange pourtant, non sans intelligence, les codes de la comédie Apatowienne avec les ressorts du film de terreur gothique hollywoodien. Du coup, s'offrent à nous plusieurs niveaux de lecture, certains plus réussis que d'autres : la critique du "système" - auxquels nos "héros" reconnaissent avoir succombé avec une honnêteté vaguement masochiste - est réjouissante, même si pas des plus profondes ; faire admette au fan, en accumulant l'auto-dérision, que même les stars peuvent être des humains ordinaires - et donc se comporter de façon régulièrement abjecte - est un but charmant, même si pas forcément révolutionnaire, et donne ci et là des résultats parfois hilarants (Michael Cera et Danny McBride emportent la palme haut la main !) ; au final, c'est pourtant le thème "religieux" de l'Apocalypse qui est sans doute traité avec le plus d'audace - dans le contexte du christianisme de plus en plus extrémiste de l'Amérique moyenne, entre démons priapiques, petits arrangements minables avec la foi, et surtout une formidable vision du Paradis comme scène idéale pour boys bands, dans un final extatique et mémorable. Pour être un peu trop long, et pas toujours aussi drôle qu'il devrait l'être du fait de l'abattage outrancier des acteurs déchaînés,  "C'est la Fin" s'avère néanmoins une réussite plus qu'honorable.