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La cinquième saison de "Breaking Bad", ou plutôt la demi saison, puisque nous n'avons droit qu'à huit épisodes, se terminant par un excellent cliffhanger mais ne bouclant pas le nouveau fil narratif mystérieusement ouvert par la vision d'un Walter White chevelu et décati dans le premier épisode, est un exemple d'intelligence et de subtilité. Ce n'est sans doute pas la plus excitante ni la plus jouissive de la série, le ton en étant définitivement plus tendu, plus sombre, moins humoristique pour accompagner la dernière étape de la mutation de Walter en un criminel sans remords, aveuglé par son nouveau pouvoir. Mais la manière dont Cranston interprète son personnage manipulant désormais sans vergogne même les personnes qui lui sont chères, la rigueur de la construction scénaristique qui s'apparente par instants à la tragédie classique (aucun autre destin possible que le drame) et l'inventivité d'une mise en scène toujours très cinématographique classent définitivement "Breaking Bad" parmi les grandes, les très grandes réussites de la série TV moderne. L'attachement que l'on ressent envers certains personnages - Saul, Mike -, merveilleusement incarnés dans toute leur complexité est alors la cerise sur le gâteau d'une série extraordinairement stimulante.