Leviatemps

Ce n'est que le second "livre" de Chattam qui me tombe entre les mains, et ayant particulièrement détesté le premier ("l'Ame du Mal", rien à sauver...), je n'attendais pas grand chose de ce "Léviatemps" si ce n'est trois ou quatre heures de divertissement décérébré. Et curieusement, j'ai été intéressé par la description très documentée de l'Exposition Universelle de 1900 (je suis même allé rechercher sur le Net des images de ces fameux pavillons, du Pavillon de l'Electricité en particulier, de l'ancien Palais de Chaillot, des trottoirs roulants, etc.) et du Paris de l'époque en général... au point que le livre m'a presque paru "lisible". Clairement, Chattam prend son travail au sérieux, ce qui nous donne par exemple un chapitre assez curieux mais finalement passionnant sur la graphologie... Pour le reste, rien de nouveau sous le soleil, un écrivaillon au style horrible, voire cauchemardesque - frôlant l'incompétence, on est loin de Grangé -, des obsessions puériles et laborieuses (le Mal, avec un grand M, bâillement irrépressible...), une tendance à plomber sa peinture d'une époque pourtant passionnante en y introduisant de manière artificielle des concepts anachroniques, tels que la psychanalyse, le profiling des serial-killers, et même une critique de la déshumanisation du capitalisme globalisé... Si j'ai, comme tout admirateur du grand Conan Doyle, apprécié le coup de chapeau au maître et le potentiel trait d'union final entre fiction et réalité historique, il m' a en outre paru curieux que le titre du livre et la couverture en disent aussi long sur l'identité du criminel : maladresse incroyable ou mépris du lecteur ?