Sherlock 2

Finalement, comme dans les "buddy movies" à l'américaine, mais en plus... anglais (subtil, profond, décalé...), ce que l'on aime le plus dans la brillante série "Sherlock", c'est le développement de la relation entre Watson et Holmes (avec ces amusantes références - répétées en forme de running gag - à la possible homosexualité, qui désamorcent d'ailleurs finement le soupçon qui a toujours pesé sur l'oeuvre de Conan Doyle)  : Freeman et Cumberbatch sont tout simplement excellents dans la manière dont ils font exister à l'image comme dans nos coeurs ce "couple" terrible ! Dans cette deuxième saison, on déplorera par contre la dérive de la mise en scène, de plus en plus inutilement tape à l'oeil, et d'un faux modernisme qui frôle le contresens : car le rythme frénétique infligé à de nombreux passages prive finalement le téléspectateur du plaisir essentiel de confronter sa propre lecture des faits à celle de Sherlock, et nous amène souvent à penser que les courts-circuits narratifs qui nous sont ainsi imposés dissimulent de nombreuses incohérences logiques, ce qui n'était évidemment pas le cas chez Conan Doyle... La saison est composée de 3 épisodes, 3 films de 90 minutes en fait, qui varient du passable - "le Chien des Baskerville" sous influence paranoïaque autour des manipulations génétiques, bof bof - à l'excellent - "...Belgravia" où les documents secrets sont enfermés dans un Blackberry dont il s'agit de découvrir le mot de passe, et où la passion pour une femme fatale vient tournebouler Sherlock -, en passant par le malin chapitre final, qui adapte assez génialement le fameux épisode de la mort de Moriarty et de Holmes, ainsi que, bien sûr, l'argument assez forcé du possible retour de ce dernier, imposé à l'époque par un public qui n'acceptait pas de voir disparaître son héros. Le tout compose une saison hautement réjouissante, qui, heureusement, ne sera pas la dernière de cette passionnante mini série.