The Juliette Society

On aborde "The Juliette Society" avec réticences, c'est le moins qu'on puisse dire : l'ex star du porno Sasha Grey voudrait-elle se faire un peu de blé facile avec sa propre version des "50 shades of...", jeu de mot absolument voulu ? Et puis l'on découvre un petit livre intelligent, plutôt bien écrit, militant même quand il s'agit de pointer l'arrogance et la duplicité des puissants, les dérives d'internet ou l'horreur de la télévision. Et si les scènes de sexe, réelles ou fantasmées, très nombreuses évidemment, sont assez ordinaires, et vite ennuyeuses, il y a au fond de ce "Juliette Society" un mini polar glauque qui, si seulement Grey savait se laisser aller et quittaient les rives rassurantes du rationnel, évoquerait parfois l'oeuvre de Bret Easton Ellis. Mais ce qui séduit vraiment dans ce premier roman encore mal construit, c'est l'amour sincère que Sasha Grey porte au Cinéma, le grand, le beau, le vrai cinéma : outre Buñuel et Kubrick ("Belle de Jour" et "Eyes Wide Shut" sont les deux références évidentes et un peu écrasantes), elle nous livre de belles pages sur Hitchcock, Welles ou Godard.  Cela reste certes un peu scolaire, vu le jeune âge de la belle, mais ça n'en est pas moins touchant.