Happy_15"Happy !", c'est fini ! Ce quinzième et dernier tome de " l'édition de luxe" nous fait vivre en un superbe et efficace "montage alterné" encore une fois très cinématographique la finale de Wimbledon entre Umino et la "reine Sabrina Nikolic", et la libération de la famille d'Umino par "le créancier" et par le Sampaï : le problème vient plutôt que le côté thriller est complètement irréaliste, une sorte de succession de coups de force pas très crédibles, et nous laisse du coup assez indifférents, tandis que le match crucial est réduit à des flashs d'images violentes, illustrant certes la dureté du face à face, mais ne comblant pas, et loin de là, nos attentes. Mais le pire de cette conclusion un peu bancale à une saga qui a battu de l'aile après un démarrage impressionnant, c'est la volonté de Urasawa de nous rasséréner après tant de vicissitudes par un happy end fédérateur, par une explosion de bons sentiments, où la réconciliation générale semble des plus forcées. Il y a en outre une certaine démission scénaristique dans le fait de créer in extremis une amoureuse de substitution - sosie de Umino mais encore plus dans le besoin - au "créancier", permettant ainsi à Umino d'échapper à l'amour réel, charnel, de ce dernier, pour continuer à vivre son amour d'enfance pour un Sampaï toujours aussi creux et fade, sans se poser de questions : le dilemme amoureux - si fécond pourtant - est d'ailleurs purement et simplement ignoré dans une conclusion sans arrières pensées, qui veut nous faire avaler que, même si rien n'a vraiment changé (Umino est toujours pauvre, son grand frère un boulet), tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes : les méchants ne l'étaient pas tant que cela, et l'impossible (devenir championne de tennis en deux ans) était certain.  On voit avec "Happy !" que Urasawa a toujours vraiment du mal à conclure ses histoires, et que les choix "à l'eau de rose" qu'il fait ici sont indignes de son talent. Pourtant, la virtuosité narrative et graphique incroyable de Urasawa fait qu'on avale encore une fois, la dernière, toutes ces couleuvres scénaristiques. Et oui, on est... "heureux" !