girls_season_1Quand on attaque les premiers épisodes de "Girls", une série à la réputation grandissante, on se demande un peu ce qu'on fait là, à perdre son temps devant ce qui semble une citation / reconstruction de "Sex and the City", actualisé mais surtout trivialisé. L'humour "slacker" de Lena Dunham nous arrache certes quelques sourires, mais la galerie de "freaks" et les intrigues assez ineptes qui semblent constituer le coeur de "Girls", pas particulièrement non plus bien réalisé par Dunham elle-même, génèrent plus de l'irritation que de l'enthousiasme (sans même mentionner la vision assez déprimante du sexe que semble véhiculer "Girls")... Ce serait poutant une grave erreur d'abandonner là la série, parce que le plan de Dunham (soutenue par Apatow, ce qui est quand même une sacrée référence, non ?) est beaucoup plus retors qu'il n'y paraît : au fil de scènes soit banales, soit ridicules, on assiste - assez médusés - à la construction minutieuse (et brillante d'intelligence) de personnages complexes, ambigus, qui dépassent peu à peu les stéréotypes barrés qu'ils semblaient destinés à illustrer. C'est particulièrement vrai bien sûr des personnages masculins - je pense à Adam, dont la relation avec Hannah (Lena) s'enrichit de manière stupéfiante, interprété par un Adam Driver réellement fascinant, ou encore à Ray, hilarant dans son cynisme, qui se révèle assez surprenant -, mais  les quatre filles elles-même finissent, même si c'est à travers une sorte de "rupture générale", par trouver le chemin de notre coeur en dépit (ou à cause) de leurs déficiences émotionnelles profondes, exactement comme les héroïnes de "Sex and the City" l'avaient fait. Les derniers épisodes de cette première saison sont très impressionnants, et nous laissent à la fois saisis et irrémédiablement touchés, prouvant que Lena Dunham savait parfaitement ce qu'elle faisait.