Pro_Patria_MoriAlors que Echo a perdu une bonne part de sa crédibilité au cours de la dernière décennie, avec des albums de plus en plus insignifiants, on pouvait espérer que ce retour en solo de l'attachant Ian McCulloch allait marquer le redressement tant attendu de la part d'un artiste / un groupe que je considère toujours comme le plus important de la vague post-punk. "Pro Patria Mori" s'avère sur ce point une indiscutable déception : on y retrouve à l'identique les mêmes faiblesses que sur "The Foutain" par exemple, une tendance à la simplification excessive des mélodies, loin des ambiances fascinantes d'autrefois, une recherche systématique - et régulièrement maladroite - de gimmicks accrocheurs, et une absence cruelle d'idées nouvelles. Prises une par unes, les chansons de "Pro Patria Mori" sont agréables, efficaces ; l'écoute de l'album tout entier à la suite se révèle par contre lassante, voire irritante... Ce qui est indéniable, c'est que Mac traverse une phase de remise en question profonde, et qu'il se dénude peu à peu de sa carapace de provocateur cynique, pour atteindre à des émotions plus vives, plus sincères sans doute : le paradoxe - cruel - est que Mac n'est pas Cohen, son idole ultime, et qu'il manque clairement de profondeur lorsqu'il en vient à exprimer des angoisses qui, pour être universelles, n'en paraissent pas moins banales.