2013_Paul_Banks_Cine_Joia_SP_10C'est à 23:15 que Paul Banks entre en scène, accompagné de son trio guitare - basse / claviers - batterie. Paul parait assez incroyablement juvénile avec sa blondeur boutonneuse et son brin de moustache d'adolescent... Mais le public est en transe, surtout les nombreuses jeunes filles, bien entendu. Le son est meilleur que ce à quoi je m'attendais, bien compact, même si la voix de Banks, légèrement sous-mixée, déçoit d'abord un peu, moins profonde et ample que sur disque. Le jeune homme, en pull noir aux motifs géométriques, n'a rien d'une bête de scène, il passe son temps planté derrière son micro, concentré sur son jeu de guitare et son chant. Le début du concert est tout sauf enthousiasmant, les chansons, souvent trop courtes pour laisser le temps à une ambiance de s'installer, sont peu accrocheuses, peut-être trop conceptuelles (ou inutilement compliquées ?) pour la scène, avec leur structure peu conventionnelle et leur tendance à la dissonance. Mais je remarque que tout le monde autour de moi chante les paroles, alors je me dis que c'est mon ignorance de néophyte qui me bride...2013_Paul_Banks_Cine_Joia_SP_31

Mais, peu à peu, quelque chose se passe, quelque chose que je n'attendais pas du tout : porté par le public extatique, le groupe semble prendre de l'élan, de la puissance, la musique se met en place, puis décolle avec le type de puissance qu'on attend de... Interpol, par exemple, justement. Je me rends compte que Paul Banks, en face de moi, rayonne, puis paraît saisi par l'émotion. Je réalise aussi que la setlist est construite de manière ascendante, avec les plus beaux morceaux, les plus forts, vers la fin. Alors que le public est en transe, que Paul Banks répète : "Beautiful !", les 20 dernières minutes sont littéralement fantastiques : The Base, le seul « tube » potentiel de l’album « Banks », puis Paid For That, un morceau dur et puissant qui sera l’acmé du set, puis pour redescendre en beauté, l’excellent – 2013_Paul_Banks_Cine_Joia_SP_48et rêveur – Summertime Is Coming, avec sa mélodie que tout le monde chantonne.

Le rappel de trois titres sera un tout petit peu inférieur, mais restera de haut niveau, avec un Skyscraper original et stimulant, un On The Esplanade élégiaque sur lequel la voix de Banks fait merveille, et un autre rock plus tendu pour conclure, Games For Days. Trois titres du premier album solo de Banks, sous l’identité de Julian Plenti, d’ailleurs. A ce stade, tout le monde est ravi de sa soirée, et le groupe peut-être encore plus que nous. Le guitariste prend des photos souvenirs du public, Paul Banks quitte la scène avec l’air d’être littéralement aux anges, les setlists sont distribuées généreusement aux spectateurs qui se les arrachent (pas moyen d’en avoir une, encore une fois, on n’est pas à Madrid !)... Il est minuit et demi, et temps de rentrer après cette belle soirée rock...