2012_09_Jack_White_La_Riviera_012Dernier concert à Madrid ou dernier concert tout court ? La queue bon enfant qui serpente le long de la Riviera... Nous avons deux heures d'attente devant nous, car Jack White, même s'il est moins un héros à Madrid qu'à Paris, attire quand même les foules, et plus jeunes que le pensais... D'ailleurs il est amusant de voir que ce soir, le service d'ordre contrôle systématiquement les identités, histoire que des mineurs ne se glissent pas - horreur ! - dans un tel lieu de perdition. Le premier rang est assuré, mais on nous annonce que les photos sont interdites, sans raison particulière. La grosse tête, Jack ?

La première partie, c'est Peggy Sue (ex and the Pictures, ex and the Pirates), un groupe de Brighton que j'ai déjà vu, sans qu'il m'ait particulièrement marqué... En fait, Peggy Sue en 2012, ce sont deux filles devant aux guitares et au chant, et un batteur qui frappe fort derrière... Leur musique oscille curieusement entre country bouseux et fracas noise, mais est desservie par l'absence de chansons intéressantes : malgré les deux bonnes voix des filles, on s'ennuie ferme pendant une demi-heure. On notera un final particulièrement désastreux, avec un Hit the Road, Jack, monté en boucle et complètement à côté du sujet...

C'est maintenant le traditionnel ballet des roadies, sauf qu'ils sont en costumes, cravates et feutres ! Mais le bon quart d'heure de retard déjà pris sur le programme va se transformer en une quasi demi heure, ce qui met tout le monde en rage : le public siffle et proteste comme rarement je l'ai vu faire ici à Madrid ... Impatience de voir l'idole ou exaspération devant ce manque de respect ?

2012_09_Jack_White_La_Riviera_03421 h 55 : Cinq musiciens sont là avec Jack, tous vêtus de noir, blanc et bleu clair : oui, les cravates, les bretelles, les instruments et les lumières sont bleues (clair), la nouvelle couleur de Jack White. A noter un black avec une casquette blanche vissée sur le crâne, déchaîné à la batterie à droite de la scène et donc juste devant nous (il va nous en mettre une pleine tête !), et un autre black déchainé à gauche derrière ses claviers qu'il fera beaucoup trop couiner à mon goût ! Je suis un peu déçu, j'attendais le groupe féminin, dont on dit le plus grand bien, mais nous aurons donc droit à des mâles qui tapent dur et jouent les morceaux à l'arraché. Constatation immédiate sur un Sixteen Saltines méconnaissable, le son est horrible, à la limite de l'inaudible, ce qui est vraiment très rare à la Riviera et n'est pas à l'honneur de Jack ! Mais lui, il n'a pas l'air de se préoccuper qu'on entende si mal, faute de sono adéquate, sa voix et sa guitare : plus mince que dans mes souvenirs, mais avec la même coupe de cheveux assez bizarre, vêtu de noir et blanc élégant et tête nue, il semble avant tout jouer pour lui-même... Guère de communication avec son public pourtant extatique, peu même de regards jetés au delà de la scène, on ne peut pas dire que Jack soit très sympathique ce soir, ni même qu'il paraisse content d'être là ("It's Madrid, isnt' it?"). Et de fait, même s'il y a beaucoup d'énergie dans le set de ce soir, tout le monde se dépensant physiquement sans compter, il manque curieusement cet "esprit", cette "magie" que diffusaient généreusement Meg et Jack lorsque j'avais vu les White Stripes... Tout semble à la fois sec et creux, la faute au son qui ne s'améliore guère, mais aussi à une interprétation des morceaux qui paraît d'une violence mécanique...

2012_09_Jack_White_La_Riviera_049La set list est un mélange de titres du nouvel album - seulement six, d'ailleurs -, de morceaux des Raconteurs, de Dead Weather (enfin je crois, n'étant pas spécialiste de ces deux groupes) et, heureusement, des White Stripes. C'est d'ailleurs un presque soulagement de pouvoir chanter le délicieux You're Pretty Good Looking for a Girl, premier moment de fraîcheur dans un set plombé. Les lumières sont obstinément bleues, ce qui fait que, même quand le service d'ordre décide de nous laisser photographier l'idole, c'est presque impossible de prendre un bon cliché! Le set principal se termine avec une version lourde et excitante de The Hardest Button to Button, même si on regrette la simplicité élémentaire du duo original.

Break après 50 minutes, puis, après une attente inhabituellement longue de plus de cinq minutes, Jack nous offre un long rappel (six chansons), ou plutôt une seconde partie plus courte, mais aussi plus convaincante. C'est comme si, pour ce ptemier concert de cette nouvelle mini tournée européenne, il avait fallu ce temps de mise en place pour que la musique trouve sa substance. Nous aurons donc droit à un beau final (Catch Hell Blues) que l'on pourrait sans doute qualifier de "led zeppelinien en diable", avant le grand frisson de Seven Nation Army... Un grand titre décidément irrésistible, qui fait chavirer l'integralité de la Riviera, le public enfin transformé en petits pois mexicains, pour rattraper d'un coup toutes les frustrations de la soirée !

Nous ressortons de la Riviera plutôt contents, même si ça n'aura pas été le grand concert qu'on est toujours en droit d'attendre d'un personnage de la stature de Jack White... Les White Stripes ne sont plus, et, encore une fois, je les ai regrettés ce soir.
 
Voilà, Madrid, c'est fini, et je vais donc faire une pause, plus ou moins longue, plus ou moins définitive, on verra bien, en matière de concerts.