Breaking_Bad_3La troisième saison de "Breaking Bad", peut-être la "dernière" grande série US, alors que la veine semble s'épuiser, en confirme la supériorité sur tous les fronts : scénario puissant, qui ne cède jamais à la facilité, et nous offre trois ou quatre épisodes vraiment sidérants avec des moments de pur génie, interprétation de premier plan (d'ailleurs il me semble que Bryan Cranson et Aaron Paul ont tous deux reçus des Emmy Awards pour cette saison) et surtout mise en scène ambitieuse, plus "cinématographique" que celle de 90% des séries TV, souvent faiblardes sur ce point. D'ailleurs, "Breaking Bad" est-elle réellement une série ? Pas de multiplication de personnages, pas de foisonnement d'intrigues, pas vraiment d'effet de "proximité" entre le téléspectateur et le monde rude, austère de la petite bourgeoisie d'Albuquerque... Non, on pense plutôt à un long film, avec une unité "sérieuse" de lieu, d'action et de personnages, mis en scène avec un brio - parfois un peu forcé, même - qui rappelle les Frères Coen de "Fargo" ou de "No Country For Old Men" : comme dans un "vrai film" il est passionnant de voir l'évolution bien construite des personnages, Walt perdant peu à peu son humanité pour révéler le monstre froid et calculateur qui en lui, et Jesse s'affirmant - enfin - comme un adulte plutôt que comme un môme maladroit et irresponsable. Soulignons l'une des grandes forces de cette troisième saison : le remarquable personnage de "méchant" qu'est Gus, superbement incarné par un Giancarlo Esposito tout simplement parfait... et déplorons l'inepte épisode "artificiel" ("Fly") ajouté en guise de remplissage, qui tranche terriblement avec la qualité générale de cette saison.