2012_07_Alabama_Shakes_Sala_El_Sol_031Alabama Shakes, on en parle beaucoup, surtout avec le soutien qu’ils ont reçu de Mr. Jack White, le genre de « sponsor » qui ne se refuse pas... Leur album « Boys & Girls » est bon, mais sans plus, un peu terne et répétitif dans son souci de coller aux racines du blues rock / de la soul 60’s et de ne jamais trop en faire... Résultat : la Sala El Sol affiche complet ce soir, ce qui n’est pas si fréquent, vu la programmation un peu « marginale » (et c’est très bien ainsi) de la salle... Oui, le concert est sold out, mais par un public pas franchement rock – des quadras et des quinquas, des familles, des gens anormalement « bien habillés » pour ce genre d’évènement dans une salle aussi délicieusement informelle : du coup, c’est le chaos à l’entrée, les spectateurs n’étant pas habitués à la double queue (billets ou non)... mais peu importe, nous arrivons à nous assurer le premier rang, juste en face du micro de Britanny Howard, celle que tout le monde veut voir et entendre (le reste du groupe, on s’en moque un peu, quand même, il faut bien l’avouer...).

2012_07_Alabama_Shakes_Sala_El_Sol_037Une petite dizaine de minutes de retard sur l’horaire officiel (22h30, tôt pour la Sala El Sol, hihihi !), et le groupe de l’Alabama (on l’aurait deviné, rien que d’après leur nom) entre sur une scène légèrement agrandie pour l’occasion, puisque les deux marches l’encerclant sont recouvertes par une petite estrade. On est tout de suite frappés par le format de Brittany, bien plus volumineuse, et surtout bien plus grande que l’on pouvait l’imaginer d’après les vidéos vues sur le net : d’ailleurs nos voisins de derrière nous avaient prévenus, cela les avait frappé aussi lorsqu’ils avaient croisé Britanny et qu’elle leur avait signé un petit autographe... Il faut dire que sa corpulence contraste vivement avec son visage très juvénile, mais est totalement logique par rapport à sa voix impressionnante ! Le set débute par trois de mes morceaux favoris de « Boys & Girls », Goin to the Party, dans une version moins dépouillée, puis les excellents Hold On et Hang Loose. Commencer par les chansons les plus accrocheuses permet clairement aux spectateurs d’entrer très vite dans le set, mais comporte toujours un risque : car que faire ensuite ? La bonne nouvelle de ce set, c’est que l’énergie époustouflante de Britanny rehausse nettement l’impact de toutes les chansons, et même si les compositions ne sont pas systématiquement excellentes, au moins il y a le bonheur d’écouter cette voix qui rappelle les meilleures « grandes dames de la soul », et d’applaudir l’exubérant jeu de scène de notre jeune « diva » qui se livre corps et âme à sa musique et à son public. Sur l’excellent Be Mine, Britanny choisit un spectateur – ravi - au premier rang, à qui elle déclarera sa flamme tout au long de la chanson : c’est simple, sympathique, amusant, et l’ambiance est garantie !

2012_07_Alabama_Shakes_Sala_El_Sol_052Parlons un peu des autres musiciens du groupe : normalement ils ne sont que trois, mais un quatrième larron a été ajouté aux claviers pour la tournée, et paradoxalement, j’ai trouvé que c’était sa contribution qui était la plus intéressante à la musique de Alabama Shakes, qui reste quand même pour le moins basique. On est finalement plus amusés par le look « gros bébé Ewok » de Zac Cockrell, le bassiste, que fasciné par les performances techniques des musiciens, qui n’ont rien d’extraordinaire. A la guitare, c’est même Britanny qui est la plus convaincante (... même si elle aura des problèmes d’accordage de sa guitare tout au long de la soirée), avec quelques solos simples mais incisifs, parfaits pour faire monter l’excitation : oui, cette fille est vraiment explosive !

Au fur et à mesure du set, la tonalité musicale change, avec des incursions rockabilly qui nous secouent agréablement, jusqu’à un final de rappel avec un long titre très rock (d’ailleurs Heath Fogg s’est emparé d’une Telecaster pour ce titre...), jolie alternance de moments vocaux intenses et de riffs serrés. 1h25 ou presque de concert, c’est bien pour un groupe aussi jeune, et, s’il est clair que la musique de Alabama Shakes ne révolutionne rien – elle n’est pas faire pour ça, juste pour passer du bon temps, ce qui aura visiblement été le cas de tout le monde à la Sala El Sol ce soir -, on peut prévoir un bel avenir de chanteuse pour Britanny Howard, qui a un organe bien plus convaincant que nombre de chanteuses de variété soul à la mode aujourd’hui (Adele en premier lieu...). De ce point de vue, il se pourrait bien que les jours de Alabama Shakes soient comptés, la « personnalité » du groupe étant clairement bien en deçà du potentiel de sa chanteuse.