2012_06_Metronomy_Dia_de_la_Musica_08523 h 45. Joseph Mount et ses acolytes sont là devant nous, pour une courte heure clôturant le festival. La chaleur est redescendue, les lumières sont belles, le public est fan et "sophistiqué", tout s'annonce pour le mieux pour Metronomy, l'un des groupes actuels les plus originaux et touchants. On attaque avec une version soft de Some Written, ce serait idéal si les claviers de James n'étaient couverts par des craquements pénibles... Et ça prendra quand même 4 titres avant que l'équipe technique de Metronomy ne résolve le problème. Mais quand même, la version ultra-dépouillée de Some Written impressionne : moins longue, moins prog rock que sur l’album, la chanson acquiert en live une sensibilité encore accrue. Je remarque que les musiciens ne portent plus leur fameuses lumières collées sur la poitrine, mais sont vêtus de manière tout-à-fait ordinaire. Bon, second titre : l'énorme The Bay, un morceau qui me bouleverse toujours un an plus tard, interprété avec une force étonnante. Moi, c'est simple, toutes mes interrogations potentielles sont déjà balayées… Car Metronomy en scène, c'est puissant, grâce à une section rythmique exceptionnelle : le black androgyne Gbenga Adelekan à la basse assure un groove sans failles, tandis que la jolie Anna Prior derrière ses fûts tape dur, très dur. C'est du nanan pour Joseph de poser ses parties de guitare fragiles et sa voix brouillée là-dessus, ça ne peut que fonctionner. A gauche, Oscar Cash, aux claviers, fait le singe, mais reste assez sobre, quelque part il m'évoque Robert Jan Stips, le clavier des Nits, en un peu moins brillant quand même.2012_06_Metronomy_Dia_de_la_Musica_088

Le set de ce soir sera ainsi centré sur les titres de « The English Riviera », avec des incursions / flashbacks vers le Metronomy d’avant, moins acoustique et rock, plus électronique et… guerrier je dirai, avec des titres que je ne connais pas – étant accro seulement depuis le dernier album –, largement instrumentaux, mais qui revêtent une efficacité diabolique en live : des gimmicks « dance floor » surpuissants, générateurs de plaisirs basiques mais indiscutables. On reviendra ensuite aux ambiances en demi teintes du dernier album pour le finale triomphal du concert, avec le doublé gagnant qu’est Corinne et The Look, suivi pour conclure par une belle version de Loving Arm

Il est une heure moins le quart, Metronomy a rempli son contrat, et de belle manière : booster ses titres pop pour la scène sans leur faire perdre leur complexité, et ne pas renier pour autant son passé de groupe « électro-fun ». On aurait certes aimé un peu plus d’une heure de concert, mais c’est la règle des festivals…