2012_06_Fanfarlo_Dia_de_la_Musica_009Seconde édition du Dia de la Musica à laquelle je participe et toujours le joli site du Matadero de Madrid, et ses conditions quasi idéales... Si ce n'est évidemment la chaleur de ce début d'été madrilène, éprouvante pour le public mais encore plus pour les artistes : aujourd’hui, à 17h45, il fait 34 degrés à l'ombre... mais de toute façon, peu importe : nous sommes au soleil...!

Et nos amis anglo-suédois de Fanfarlo qui ouvrent l'après-midi ont bien cru qu'ils allaient y laisser leur peau. Entre chaque chanson, les pauvres ne savent pas quoi exprimer d'autre que leur souffrance et leur désarroi ("on a l'impression d'être rôtis à la broche !"): dans ces conditions, il est difficile quand même de reprocher à Fanfarlo leur heure de concert un peu molle. Fanfarlo a changé radicalement de style depuis leur "Reservoir" d'obédience Arcade Fire : adieu au folk lyrique, aux guitares, et aux chœurs enfiévrés, bonjour à la pop électronique et aux cuivres omniprésents ! Le résultat n'est pas désagréable, les nouvelles 2012_06_Fanfarlo_Dia_de_la_Musica_032chansons ont du style, le public oscille doucement sur des rythmes "dance" en attendant tous quand même les "mini-hymnes" du premier album (I'm a Pilot, Comets, Luna, Harold T Wilkins, The Walls are Coming Down...) qui seront interprétées dans des versions forcément assez différentes des originales : moins de mélodies, moins d'enthousiasme, mais plus d'originalité. Au micro et au saxo, Simon Balthazar fait bien l'affaire : il chante bien, mieux en fait que sur "Reservoir", où ses effets de voix traînante pouvaient irriter... Il multiplie les harangues au public évidemment assez calme, que ça soit l'effet du soleil de plomb ou la réserve face au changement de style du groupe, mais il essaye surtout de faire de l'humour quant à la chaleur : il est du coup évident que les Suédois n'ont pas vraiment le sens de l'humour, en plus de ne pas savoir s'habiller (on attribuera à Simon le prix du leader d'un groupe le plus mal habillé). A gauche, il y a la jolie mais sage Cathy Lucas aux claviers et au violon, mais c'est surtout Leon Beckenham aux claviers et à la trompette qui impressionne (... même si on le voit agoniser littéralement de chaleur, efforts dûs à la trompette obligent !). Le final du concert sera un peu plus animé, mais on ne dépasse pas le sentiment d'une certaine banalité. La conclusion de tout cela n'est quand même pas rassurante pour l'avenir de Fanfarlo, qu'on voit bien stagner en seconde division.