RestlessOn a aimé le Gus Van Sant intello et conceptuel qui exigeait de son spectateur attention et ouverture d'esprit, on a aimé le Gus Van Sant efficace au service de fictions hollywoodiennes qu'il enrichissait de sa mise en scène légère et généreuse, on a aimé le Gus Van Sant qui filme les adolescents avec une justesse que peu de cinéastes ont jamais atteinte, mais peut-être qu'on aime encore plus le Gus Van Sant de "Restless", film enchanteur sur le sujet le plus casse-gueule qui soit, une sorte de "Love Story" chez les ados dépressifs ! 1h30 de pur plaisir, chaque scène nous apportant de manière toujours surprenante de nouveaux délices de sensibilité, tout en conférant une élégance pop un peu décavée aux moindres gestes de ses deux héros : Henry Hopper, formidable version jeune de son père Dennis, et Mia Wasikowska troublante. Doux mais finalement implacable, "Restless" se conclut de manière déchirante grâce au personnage du kamikaze fantôme, qui apporte un éclairage différent à ce petit jeu avec la mort que l'on pensait complètement circonscrit par les poncifs habituels du ciné US. Et si ce film discret - comme on dit - s'avérait à la longue l'un des tous meilleurs Van Sant ?