Cellule_211Depuis "Oz", incontournable modèle du genre, et "Un Prophète", on aime les films de prison, sans doute parce qu'ils ont démontrés que un bon scénario et une bonne mise en scène peuvent élever le spectacle un peu convenu d'un microcosme ultra-radical en peinture sociale, politique ou humaine pertinente. Il se trouve que l'ultra-primé (en Espagne) "Cellule 211" souffre malheureusement d'un scénario à l'invraisemblance pesante (deux "lourdes" coïncidences afin de faire avancer l'intrigue) et d'un manque de souffle d'une mise en scène qui oscille entre réalisme "à l'européenne" et l'efficacité grand public "à l'américaine", le pire étant l'incapacité du film à transformer les "otages de l'ETA" en quoi que ce soit de fictionnant (il faut voir pour le croire la manière dont Monzón abandonne complètement ce "thème" dans la seconde moitié de son film !). Ayant donc admis que "Cellule 211" ne sera pas un grand fim, il nous reste un spectacle fort, principalement grâce à l'impressionnant talent de ses acteurs, qui sauvent à eux seuls nombre de scènes convenues ou même ratées : les performances de Luis Tosar (inoubliable Malamadre), d'Alberto Amman et d'Antonio Resines sont de celles qui "font" un film, et Monzón a eu le bon sens de leur confier les clés du sien.