soa_3Dans la troisième saison de “Sons Of Anarchy”, la série qui monte qui monte, les scénaristes tentent la « délocalisation » de l’intrigue, un procédé qui, s’il permet de renouveler enjeux et ambiance d’une série, a rarement donné de bons résultats, tant il semble que la « magie » des séries qui marchent soit liée à une conjonction de paramètres qui fonctionnent exactement ensemble, la localisation géographique étant souvent essentielle à « l’appropriation / identification » (pensez à « Weeds » ou à « Nip/Tuck », dans les deux cas, on a perdu de la crédibilité...). Et de fait, la partie Irlandaise de cette troisième saison est certainement la plus critiquable : on sent qu’il manque un peu de réalisme à cette description sommaire des mœurs de l’IRA et de ses sympathisants ou militants, et que la dimension « sociale » ou « politique » du terrorisme, complètement ignorée par le script, manque à l’appel. Cependant, ces légères réserves sont littéralement balayées quand on comprend, à la toute fin du tout dernier épisode, où les scénaristes voulaient en venir, et quand, dans un final qui est l’un des plus brillants qu’il m’ait été donné de voir dans une série récente, « Sons Of Anarchy » s’élève bien au-dessus de nos attentes, conjuguant son habituel sous-texte « shakespearien » (la grande affaire de la série) avec un mécanisme de thriller formidablement bien ficelé, qui nous laisse admiratifs. C’est tellement fort qu’on regrette presque la perspective d’une Saison 4 !